lectures, des auteurs qui m'accompagnent

Marie Ange Guillaume

"Ils s'en allaient faire des enfants ailleurs"

Il a une 4 L et un blazer bleu marine. Il enlève son blazer et le plie soigneusement. On fait l'amour à l'arrière de la 4 L, devant ma maison. Après, bien au chaud dans mon lit, je l'entends qui n'arrive pas à redémarrer.


Il suffisait que vienne un soir d'été. Parce que l'air était à la température exacte de ma peau, j'imaginais que l'homme qui passait par là, dans cette lumière là, allait m'aimer. Il faisait tinter des glaçons dans un verre sans penser à rien mais je pensais pour lui. Je le trouvais intéressant bien avant qu'il ait parlé, je le croyais tendre puisque je l'étais, et je refermais mes bras sur lui sans rien connaître de lui, parce qu'il était en plein dans l'été, en toute innocence.
Dieu merci, l'été passe toujours et l'automne revient, et l'hiver. Je peux à nouveau respirer, oublier le bleu du ciel et l'ombre des terrasses, acheter des pulls-over, expédier des feuilles de sécurité sociale. Et tout ça est infiniment moins désespérant que d'aimer l'été à ce point là. Mais ça ne m'a jamais empêchée de chercher l'amour en hiver.
Là-bas en Afrique, les Massaï ont un jeu, une sorte de danse ponctuée de sauts. C'est à qui bondira le plus haut, le corps tendu vers le ciel et, sur le visage, un sourire tranquille. Un sourire qui dit "ce n'est rien,voyez-vous, c'est facile". J'étais montée sur ressorts. J'étais capable de sauter très haut. Je m'assomais à un truc invisible et je retombais fracassée, avec ce sourire de Massaï. 

 "L'odeur de l'homme"
La rancune est un boulot qui exige de la constance, de la mémoire et de la concentration. La vraie bonne rancune marine dans son jus, les mâchoires serrées, bien crispées. Elle ne souffre aucun laisser aller et doit être entretenue sans répit - on est pas rancunier à mi-temps. Personnellement je ne tiens pas la distance. J'ai la flemme, je suis distraite. Si je croise dans la rue un sale type que j'ai juré de détester cruellement jusqu'à la huitième génération, je peux tout à fait lui faire la bise par pure distraction. Après, je dois lui faxer mon courroux et lui expliquer que je l'ai pris pour un autre. C'est ridicule.   

Chitra Banergee Divakaruni, un nom à retenir
 "la maîtresse des épices". Un roman original sur la tradition et la transgression. Le pouvoir d'aider les autres et les limites de cette "bonne intention". Et une découverte, pour nous européens, du langage, des propriétés et du pouvoir des épices. Une lecture qui donne envie d'expérimenter en cuisine.

 "ma soeur, mon amour". Liens d'amour et d'amitié. Respect des traditions et émancipation. Filiation. Ce livre ne se résume pas. La très belle écriture et la densité humaine de cette histoire donne envie de le reprendre, dès qu'il est terminé.  

ire ou relire "Les choses" de georges Perec. Une vision des aspirations d'un jeune couple, cruellement d'actualité.

"Et pourtant, ils se trompaient; ils étaient en train de se perdre. Déjà, ils commençaient à se sentir entraînés le long d'un chemin dont ils ne connaissaient ni les détours ni l'aboutissement. Il leur arrivait d'avoir peur. Mais le plus souvent, ils n'étaient qu'impatients: ils se sentaient prêts; ils étaient disponibles: ils attendaient de vivre, ils attendaient l'argent."

Une écriture limpide.  


et pour découvrir de nouveaux auteurs Parking de nuit une émission radio, à retrouver sur le net, sur le site de france inter (à écouter le vendredi à 21 heure ou à télécharger)

sophie loubière nous lit des extraits de livres, entrecoupés de musiques et de recettes en tous genres. un pur bonheur d'être bercée par sa voix, et l'occasion de s'ouvrir à différents styles littéraires et musicaux. 

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